Passionnément Faust

Patrice Neuenschwander / Ville de Neuchâtel

«Ah, je ris de me voir si belle en ce miroir!» La Castafiore exaspérait le capitaine Haddock en attaquant l’air des bijoux du Faust de Gounod dans un célèbre album de Tintin. En entendant Noémie Nadelmann chanter cet air au Passage, on comprend tout l’inculture de ce brave Karpock…

Cet opéra dans lequel Faust vend son âme au diable pour retrouver la jeunesse et Marguerite sacrifie sa vertu pour des colifichets a enchanté le public ce week-end et cela tient pour beaucoup à la qualité des solistes. Ruben Amoretti, vêtu de cuir et maquillé à la Stanley Kubrick dans Orange mécanique, est tout simplement parfait dans son rôle diabolique. Le miracle dans tout cela, c’est que l’on arrive (sans l’aide du démon) à monter de telles choses à Neuchâtel.

Tout le mérite en revient au choeur Lyrica qui a utilement collaboré avec le Passage et l’Ensemble symphonique de Neuchâtel. Alors, Marguerite, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ou… pas du tout? Passionnément, ne serait-ce que pour le rire sardonique de Méphistophétès qui glace les sangs longtemps encore après l’extinction des lumières…