Entendu au Temple du Bas

SAG / L’Express

Des fracs, des grandes robes. Trois chanteurs superbes, le chœur Lyrica et l’Orchestre de chambre de Neuchâtel (OCN) placés sous la direction de Jean-Claude Fasel s’associaient, vendredi au Temple du Bas de Neuchâtel et hier à la Salle de musique de La Chaux-de-Fonds, pour deux soirées qui avaient des allures de concert de gala.
Dans un état de félicité extatique, Isabelle Mederi, soprano, charme lentement l’air de ne pas y toucher. Dans l’air de Gounod «Je veux vivre dans ce rêve», elle s’impose par son timbre plein et charnu; son aisance naturelle impressionne. Dans Puccini, le rêve s’est évanoui. Grand drame et sentiments exaltés, sa voix devient tragique et sensuelle. De noire vêtue, elle apparaît spectrale. Moqueur jusqu’au mépris, Bernard Richter, ténor, déconcerte. Les flic flac et les clic-clac de Keinzak résonnent dans la salle. Les sons claquent, portés par une diction parfaite et une voix d’une très grande richesse. Souverain, il habite la scène par son charisme et son élégance. Rubén Amoretti, baryton, s’amuse. Il aime se déplacer, jouer des situations. Expiègle et tendre, mais aussi menaçant. Personnage complexe. Son grain de voix envoûte. Son aisance séduit. Le choeur Lyrica possède une forte expressivité qui sied parfaitement à ce style de musique. Il est précis dans ses interventions. Ample et solennel dans «Tosca», il sait aussi être discret. Quant à l’OCN, il s’est montré très lyrique, souvent fin.
Un programme hétéroclite, et qui, néanmoins, a mis en valeur les qualités de chacun. On aimerait troquer les queues de pie contre des costumes de théâtre, mettre l’orchestre dans la fosse et assister à un opéra. On rêve de réentendre ces trois solistes, de faire bouger le chœur dans des décors, sous des lumières. D’ouvrir un grand rideau.

Une vocation de chœur lyrique

DBO / L’Express

L’association Lyrica se profile dans le paysage des chœurs neuchâtelois avec une première prestation. A découvrir ce week-end.

Un nouveau chœur tentera de se profiler sur la scène neuchâteloise avec un premier programme présenté vendredi à Neuchâtel puis dimanche à La Chaux-de-Fonds. Un programme lyrique intitulé «Désir d’opéra» et qui met à l’affiche des oeuvres de Bizet, Boito, Donizetti, Gounod, Mascagni, Mozart, Offenbach, Puccini et Verdi.

«Pour cette première prestation, nous avons choisi un répertoire assez large», commente Rubén Amoretti, directeur artistique de ce chœur Lyrica. Nous n’interprèterons pas seulement des airs, mais aussi de large extrais d’opéras tels que «Tosca» ou «La Traviata». Sans chef titulaire, le chœur a fait appel cette fois-ci à Jean-Claude Fasel qui, pour ce premier concert, dirigera l’Orchestre de chambre de Neuchâtel. Les choix ont bien sûr été effectués pour mettre en valeur le chœur, sans occulter pour autant le rôle des solistes: Rubén Amoretti, baryton, Isabella Mederi, soprano venue de New York, et Bernard Richter, ténor.

«Bernard l’Ermite a pris son envol sur les scènes internationales, à Paris, à Salzbourg, et je suis très heureux qu’on puisse le revoir ici, dans le canton de Neuchâtel«, se réjouit Rubén Amoretti. Présidée par Barbara Borer, l’association Lyrica a contracté son désir d’opéra au théâtre du Passage en 2002, lors des représentations de la «Traviata». «J’avais créé un choeur pour l’occasion et les chanteurs ont eu envie de poursuivre quelque chose ensemble«, précise le directeur artistique. Aujourd’hui, l’aventure rassemble 47 choristes de la région, qui visent un niveau artistique digne des professionnels.

Comme le nom du choeur l’indique, «il cherchera sa spécificité dans le répertoire lyrique, l’opéra surtout, avec une prédilection pour des oeuvres peu jouées telle le « Mefistofele » de Boito et d’autres compositions du répertoire italien connu sous le nom de vérisme. Il existe déjà pas mal de choeurs dans le canton, il vaut donc la peine de se démarquer». A terme, Rubén Amoretti souhaite que Lyrica acquiert une identité de chœur d’opéra, auquel les productions montées en terre neuchâteloise pourront faire appel.